Il y a bien du grain à moudre >
Un hebdomadaire économique pointait du doigt il y a quelques jours les « insolents » profits des grands groupes français. Que les entreprises fassent des bénéfices, c'est normal. Si ces profits sont en forte hausse pour certains groupes français, la question n'est pas de savoir s'ils sont « insolents », « obscènes » ou « excessifs ». La seule question qui vaille est l'utilisation qui en est faite.
Or aujourd'hui, les entreprises sont confrontées à un défi majeur : le recrutement, comme l'a rappelé il y a une semaine Geoffroy Roux de Bézieux. Plutôt que de laisser l'État s'endetter – encore une fois – pour distribuer des primes exceptionnelles, des chèques, ou des aides, afin de résoudre – du moins le croit-il – la question du pouvoir d'achat, les entreprises ont un rôle à jouer dans l'amélioration des feuilles de paie. Le patronat ne peut pas sans cesse demander la restauration de la valeur travail sans mettre en face de celle-ci « du grain dans le moulin » comme l'a réclamé Laurent Berger, le leader de la CFDT.
Ce qui est insolent, en revanche, c'est la masse d'argent consacrée par les entreprises aux rachats d'actions ; un procédé parfaitement stérile que les Américains se sont décidé à taxer au taux de 1 %. Un impôt bien plus intelligent que n'importe quelle taxe sur les « superprofits ».