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Pouvoirs / Éditorial / 09/03/2026

Le problème du “jour d’après”

Une photo du président américain Donald Trump incendiée, le 1er mars, lors d'une manifestation devant le consulat israélien à Istanbul, après l'annonce de la mort de l'Ayatollah Khamenei (photo Robert Badendieck/Middle East Images/AFP).

Une fois encore les Américains ont fait la preuve de leur puissance militaire en éliminant – conjointement avec Israël – le sanguinaire Ayatollah Khamenei et une cinquantaine de plus hauts dignitaires du régime iranien. Une fois encore ils se sont montrés maîtres dans l’art de la planification militaire, détruisant en une semaine presque la totalité des missiles iraniens et leurs rampes de lancement. Une fois encore ils vont poursuivre leur travail en larguant des tonnes de bombes sur des infrastructures critiques pour faciliter le travail mené par les Kurdes en Iran.

C’est ce qu’ils ont fait par le passé en Irak, puis en Afghanistan. Et comme à chaque fois ils recommencent les mêmes succès… et aussi les mêmes erreurs. D’une part ils pensent – à tort - qu’en abattant le chef du régime, ils préparent un changement de régime. Tout cela sans envoyer un seul de leur soldat sur le territoire iranien. D’autre part, ils oublient de penser à ce fameux "day after" qui est pourtant "l’alpha et l’omega" de toute stratégie.

Il ne suffit pas de gagner militairement. Il faut surtout se fixer un but politique clair. Or sur ce sujet Israël et les États-Unis ne sont pas sur la même longueur d’onde. On a vu par le passé à Bagdad, puis à Kaboul que les démocraties ne fleurissent pas sur les débris des obus et dans les ruines causées par les bombardiers américains.

La chute d’un tyran est toujours une bonne nouvelle pour l’humanité. Reste aujourd’hui à savoir ce que sera "le jour d’après", et ce que les belligérants en feront. Mais les expériences passées ne plaident pas pour une issue positive. Les Iraniens qui descendent des Mèdes et des Perses savent mieux que Donald Trump combien "l’histoire est tragique", comme nous l’a si bien appris Raymond Aron.

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