Où s'arrêteront les pompiers pyromanes ? >
I l y a deux ans, lorsque les premiers signes d'inflation sont apparus, poussés par le « quoi-qu'il-en-coûte » gé-néralisé, les banquiers centraux jugeaient inutile d'abandonner des politiques monétaires très accommodantes.
Aujourd'hui, nous voilà passés d'un extrême à l'autre. Le 27 octobre, la Banque centrale européenne a procédé à sa troisième hausse des taux de l'année, en optant pour l'étiage le plus élevé de 75 points de base. Il y a quelques jours, c'était au tour de la puissante Réserve fédérale américaine de relever ses taux pour la sixième fois de l'année, atteignant le seuil de 4 %. Et ce n'est pas fini puisque son président, Jérôme Powell, évoque maintenant un cap à 5 %. De son côté, la Banque d'Angleterre a, elle aussi, remonté ses taux, tout en annonçant la plus longue récession au Royaume-Uni depuis cent ans.
Nous voilà revenus à l'éternel problème de la poule et de l'œuf. Les banquiers centraux augmentent les taux pour lutter contre une inflation qui n'est pas liée à une surchauffe de la demande. Ce faisant, ils créent une récession qui refroidit l'économie. Sauf lorsque Christine Lagarde déclare : « La récession (qui vient) ne suffira pas à calmer l'inflation. » Si la vestale de la BCE dit vrai, alors il faut s'attendre à la double peine : ce qu'on appelle la stagflation. Le pire des scénarios. Celui que n'ont pas su éviter les banquiers centraux, devenus des pompiers pyromanes.