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Pouvoirs / Éditorial / 05/12/2022

Vaincre l'inflation et combattre son ressenti

François Mitterrand, qui est arrivé au pouvoir lorsque l'inflation était à deux chiffres, expliquait qu'elle était « un impôt pour les pauvres, une prime pour les riches, et l'oxygène du système ». Depuis, le monde a bien changé. Les dévaluations compétitives ne sont plus possibles. Et chacun s'accorde à reconnaître que c'est aujourd'hui la principale maladie de l'économie.

Mais la tâche des pouvoirs publics et des grands argentiers est doublement complexe. D'abord, ils doivent vaincre ce virus qui fait chuter la consommation des ménages, bouscule l'échelle des salaires et pince les marges des entreprises. Tout en ruinant les épargnants. Pour cela ils ont l'arme unique des taux d'intérêt qu'ils ma-nient avec la précision d'apothicaires face à un placard de dosettes.

Le plus difficile est de combattre le ressenti de l'inflation. C'est-à-dire celle que les ménages perçoivent au-delà des statistiques officielles. Selon le tout nouveau baromètre Odoxa, l'inflation perçue par les Français est désormais de 16 % (c'est-à-dire deux fois et demie plus importante que le niveau enregistré par l'Insee). Une sensation dangereuse si elle s'installe. Et d'autant plus difficile à appréhender au moment où les indices de hausse des prix commencent à passer leur pic en zone Euro comme aux États-Unis. Mais qui voudra bien le croire ?

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