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Pouvoirs / Éditorial / 23/01/2023

Le syndrome de Stockholm

C'est ce matin que le Conseil des ministres examine le texte de la réforme des retraites, de manière qu'il arrive très vite – dès le 30 janvier – en commission, à l'Assemblée. À la veille d'une nouvelle journée de grèves et de manifestations qui promet d'être aussi importante que celle de jeudi dernier.

Alors qu'une grande partie des Français reconnaît qu'une réforme est nécessaire, la majorité envoie depuis quelques jours de curieux signaux de faiblesse. François Bayrou affirme que le projet peut être amélioré. Édouard Philippe explique qu'il y a des choses plus importantes à faire. Jean Pisani-Ferry critique l'équité des paramètres choisis. Plusieurs parlementaires Renaissance et MoDem indiquent qu'ils ne la voteront pas. Une sorte de concours Lépine semble être lancé au sein de ceux qui appartiennent au « cercle de la raison » pour finasser et dire que l'on aurait pu mieux faire. Comme s'ils validaient la fin de non-recevoir signifiée dès le premier jour par les syndicats. Comme s'ils voulaient courir après les sondages qui expriment une sympathie à l'égard des grèves et des manifestations.

Il n'existe pas de réforme parfaite. Surtout en France où l'on adore les « chefs-d'œuvre en péril ». Mais maintenant que cette réforme est sur la table, il faut qu'elle soit adoptée – si possible en l'état et le plus vite possible. On ne gouverne pas avec des états d'âme ou des syndromes de Stockholm. On gouverne en tendant, jusqu'à casser, tous les ressorts du pouvoir.

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