Le syndrome du premier de la classe >
I l y a quelques semaines, à l'occasion du décès de ce génie qu'était Sempé, chacun de nous a redécouvert le personnage d'Agnan, élève-modèle. TotalEnergies est cet « Agnan » du CAC 40, qui délivre toujours plus que prévu. Et qu'importe si le groupe de Patrick Pouyanné doit fermer des activités en Russie ou participer à l'effort citoyen en proposant une ristourne à la pompe, le groupe publie des résultats historiques. Ce qui l'oblige à mieux rémunérer ses actionnaires et même à pratiquer des rachats d'actions.
Naturellement, en pleine réforme des retraites, où de François Bayrou à l'extrême gauche on s'étonne de ne pas faire payer les entreprises par une hausse des cotisations, cette formidable performance a du mal à passer. Comme si cet argent était illégitime. Comme si ces profits étaient indus. Comme s'il fallait réinventer une fausse lutte des classes : capital versus travail.
Non TotalEnergies souffre comme Agnan du syndrome du premier de la classe. De celui que l'on n'aime pas car il est à la fois excellent sur le plan financier, sur le plan économique, technique et sociétal. Et ces capitaux qu'il engrange vont être investis pour mener à bien son grand plan de transition énergétique et climatique sur lequel tout le monde l'attend. Bien sûr s'il était souffreteux, s'il avait du mal à s'en sortir, la presse et l'opinion publique auraient plus de mansuétude pour le géant pétrolier. Mais la France n'aime pas le succès, soit-il modeste. Et pourtant elle aurait besoin d'autres TotalEnergies et d'autres caractères aussi trempés que celui de Patrick Pouyanné.