Quarante jours pour perdre la main
Cela fait quarante jours aujourd'hui qu'Élisabeth Borne a rendu public son projet de réforme de retraites. Quand Dieu a décidé de détruire la terre par l'eau il a fait pleuvoir pendant quarante jours et quarante nuits. Quant à Moïse, il a passé quarante jours et quarante nuits sur le mont Sinaï afin d'intercéder pour Israël. De son côté, Jésus a été tenté pendant quarante jours et quarante nuits. Finalement il est monté au ciel quarante jours après sa résurrection. Ce chiffre de quarante est associé à une épreuve dont il sort finalement un bien, une rémission.
Pour l'heure, on voit mal d'où cette accalmie pourrait venir tant les Français restent déterminés contre cette réforme. Mais la plus grande incongruité c'est de voir le président de la République errer de l'Élysée à la Lanterne en laissant ce texte phare de son second mandat dans les mains de Gabriel Attal et d'Olivier Dussopt. Élisabeth Borne a renoncé à défendre ce texte, voyant que son impopularité croissait à chacune de ses interventions. Imagine-t-on seulement le général de Gaulle ne pas prendre la parole dans de telles circonstances ?
Le premier des Français a peur des Français. Et ceux-ci le savent bien. Bientôt, ils iront faire cuire leurs merguez devant la grille du Coq. Et ils pensent toujours que l'argent magique qui a pansé les plaies du Covid-19 et celles de la hausse des prix de l'énergie servira encore à cette occasion. Le devoir d'Emmanuel Macron est de faire sortir nos compatriotes de leur déni français. Ce n'est pas une tâche facile.