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Pouvoirs / Éditorial / 10/06/2024

Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Tout le monde connaît l'histoire de Gribouille qui, pour éviter d'être mouillé par la pluie en revenant de sa promenade, s'est jeté tout habillé dans une rivière. Difficile de ne pas faire un parallèle avec la manière dont Emmanuel Macron a « géré » en personne les élections européennes. Il a attendu le dernier moment pour choisir la tête de liste la plus malléable. Il ne lui a jamais laissé les mains libres. Et plutôt que de faire valoir son excellent programme pour l'« Europe-Puissance », décliné lors de son discours de la Sorbonne, il n'a eu de cesse que de mettre en valeur le Rassemblement national, en proposant un débat – totalement inopportun – à Marine Le Pen et en demandant à Gabriel Attal d'affronter Jordan Bardella.

Si ce dernier se réveille ce matin en grand vainqueur des élections européennes, c'est bien sûr à cause du vote de colère de nombreux Français, qui se sentent déclassés, méprisés et oubliés. C'est aussi à cause de cette curieuse attitude du président de la République qui, par ses provocations inutiles, a installé le Rassemblement national comme première force d'opposition. Si le rôle de ce parti à Bruxelles sera heureusement limité, en revanche, sa victoire éclatante va lui donner des ailes dans la perspective de 2027. Le pire n'est jamais sûr. Mais dans ce cas présent, le plus terrible c'est que c'est le Président qui a déroulé un tapis rouge à l'extrême droite alors que tous ses prédécesseurs avaient réussi à la marginaliser. Quel gâchis !

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