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Pouvoirs / Éditorial / 08/07/2024

La gueule de bois

C e matin, la France s'est réveillée avec une grosse gueule de bois. À cause d'un président de la République pétri de narcissisme, l'Assemblée nationale s'est trouvée dissoute sans préavis. Ce geste grave aurait pu la faire basculer sous la coupe du Rassemblement national, porté par sa victoire aux élections européennes. Fort heureusement, ce n'est pas le scénario que les Français ont choisi. Mais dans un élan aveugle, impulsé par Emmanuel Macron lui-même, invitant les Français à choisir la coalition de gauche placée sous le joug idéologique des Insoumis, anticapitalistes, antieuropéens et antisémites, c'est ce Nouveau Front populaire qui ressort comme le vainqueur relatif des élections législatives. Un comble : jamais le pays n'a été aussi à droite sur le plan sociétal, et jamais sa représentation parlementaire n'a été aussi à gauche. Si la France a la gueule de bois, c'est aussi parce que nous avons maintenant la preuve qu'Emmanuel Macron n'a pas seulement dissous l'assemblée, la « macronie » et le présidentialisme, il a mis fin, d'une certaine manière, à la Ve République et nous a renvoyés au régime des partis et au parlementarisme. Piètre bilan politique pour Jupiter désormais enchaîné à une petite tambouille qui se fera dans les arrière-cuisines du Palais-Bourbon. Tout cela va coûter cher aux entreprises en termes d'incertitudes, à notre crédit sur les marchés financiers et à notre image de pays qui a donné naissance à Tocqueville et qui cherche son salut dans un Chavez « aux petits pieds ». Vite : un Alka-Seltzer !

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