L'Allemagne retient son souffle >
Paul Claudel, qui était diplomate avant d'être écrivain, affirmait qu'« en Allemagne, les médiocrités s'additionnent, alors qu'en France, les supériorités se neutralisent ». À la fin de la semaine, les Allemands se rendront aux urnes afin de désigner leurs 630 représentants au Bundestag. Et cette élection sera suivie de près outre-Rhin bien sûr, mais dans toute l'Europe également. D'abord parce que si le parti conservateur fait la course en tête dans les sondages, son score potentiel ne cesse de s'effriter au profit d'une extrême droite, dopée par l'activisme d'Elon Musk, par les récents faits divers impliquant des immigrés, et… par la balourdise de Friedrich Merz, le patron de la CDU qui a flirté récemment avec certaines idées de la dangereuse AfD, lui donnant ainsi encore plus de crédit. Mais le principal suspense concerne la coalition qui sortira de cette future assemblée. Les médiocrités s'additionnant, on peut penser, que, à l'instar de ce qu'il s'est passé avec Angela Merkel, on voit se recomposer une nouvelle « grosse coalition » entre la CDU et le SPD d'un Olaf Scholz dépourvu de charisme, de talent et de vision. Toute la question est de savoir si cette nouvelle majorité saura redonner à l'Allemagne le leadership qu'elle a perdu, et la volonté de reconstruire avec une France démonétisée un couple moteur pour l'avenir de l'Union européenne. Cela dépend du futur chancelier. Cela dépend aussi de la capacité de nuisance de l'extrême droite devenue la deuxième force du pays. Cela dépend enfin de l'aptitude de Paris à retrouver un peu de crédibilité.