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Pouvoirs / Éditorial / 10/03/2025

Gagner la guerre sans avoir à la faire

Le chef d'état-major des armées, le général Thierry Burkhard avait donné comme mot d'ordre à nos armées « de gagner la guerre avant la guerre ». Ce faisant, il avait édulcoré l'un des préceptes du stratège chinois Sun Tzu qui expliquait que « le meilleur savoir-faire n'est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l'ennemi sans combattre ». Tout cela reposait sur trois piliers : notre dissuasion nucléaire, notre format d'armée complet qui permet de répondre à tous les types de crise, et l'Alliance atlantique. Le problème, c'est que Donald Trump a mis à bas la pierre angulaire de l'Otan en expliquant que l'Europe n'était pas son sujet et que Poutine est son allié. La richesse de cette alliance reposait sur la fiabilité de l'assistance mutuelle qui a volé en éclats en quelques jours. Le sujet est donc de se réarmer, au niveau français comme au niveau européen, pour monter aux Russes qu'outre nos 300 têtes nucléaires nous disposons de soldats aguerris, de matériels modernes et d'outils de renseignement performants. Il ne s'agit donc ni de créer une escalade ni de rester les simples spectateurs du nouvel alignement entre Russie et États-Unis. Mais tout simplement de montrer que nous disposons en Europe comme en France de la capacité de nous défendre voire d'attaquer. La paix en Europe doit donc passer par le recours à plus de missiles, de satellites d'observation, de chars et de drones. Mais le plus important, c'est de veiller au réarmement moral. Ce que l'on appelle tout simplement la force d'âme.

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