RENAULT
échoue à une fusion stratégique avec Fiat Chrysler, une fois de plus victime de Narcisse. Déjà le 2 décembre 1993, la mort dans l'âme, Louis Schweitzer, PDG de Renault, et Pehr Gyllenhammar, son homologue aux commandes de Volvo, annoncaient l'échec du mariage franco-suédois. Après une conférence, le ministre de l'Industrie d'alors, Gérard Longuet, s'invitait sur la photo avec les deux dirigeants, un effet « tue-l'amour » pour les Suédois, qui « reprennaient leurs billes ». Ici encore, malgré toutes les concessions de FCA, que l'État a chargé indûment de lourds fardeaux, Bruno Le Maire indiquait encore ne pas avoir de garantie sur la présence à Paris d'un siège opérationnel régional pour le futur ensemble. Lui qui réclamait aussi pour l'État un poste d'administrateur dans le prochain ensemble Renault-FCA (alors qu'une telle position semble avoir peu d'impact sur la bonne gouvernance d'une entreprise, si l'on pense aux escroqueries financières de Carlos Ghosn opérées en présence de Martin Vial au conseil de Renault). Mais ce n'est pas tout. Le ministre avait fait de la bonne intégration de Nissan dans les discussions son combat privilégié, pour ne pas froisser les Japonais avant son départ pour le pays vendredi dernier. Voilà donc comment l'amour de soi a rendu stérile l'un des plus grands projets d'entreprise automobile, prééminent en termes de chiffre d'affaires et aux 8,7 millions de véhicules vendus chaque année.