Les parlementaires fulminent contre les initiatives présidentielles >
«On l'a évidemment mal vécu. Pour beaucoup, ça ne passe toujours pas. » Quelques semaines après la polémique sur l'annonce par Jean Castex d'une commission indépendante chargée de réécrire le fameux « article 24 » de la loi Sécurité globale (qui n'aura finalement pas lieu), beaucoup de parlementaires sont toujours remontés contre l'exécutif. Et, plus largement, contre toutes les initiatives présidentielles visant, selon de nombreux élus, à contourner les deux Chambres : conseil citoyen, Ségur de la santé, Beauvau de la sécurité, Convention citoyenne pour le climat… autant d'initiatives « citoyennes » qui font bondir les élus. « On a mis la moitié du quinquennat à se débarrasser de l'image de “député godillot” explique sous couvert d'anonymat un député médiatique de la majorité. Et maintenant, on a l'impression que le but est de nous ignorer. Ça commence à être franchement pénible. » Même son de cloche au Sénat, où, même si les réactions sont plus feutrées, on s'inquiète dans l'ensemble d'une négation de la démocratie représentative, au profit de procédés comme le tirage au sort ou la nomination de comités d'experts. « Ce n'est pas ça, la Ve République, affirme une figure de l'opposition sénatoriale. Entre nous, les sénateurs, on a parfois du mal à comprendre ces choix qui ne font que vexer la majorité parlementaire à l'Assemblée et renforcer la défiance chez nous. Personne n'est gagnant. » Le chef de l'État devra d'ailleurs finir d'arbitrer les dernières propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat. Là encore, les prises de décisions ne devraient pas faire que des heureux.