Inquiétudes dans la préfectorale >
Après la « suppression » de l'ENA, le chef de l'État veut s'attaquer à un autre corps : celui des préfets. Par la voix de Jean Castex, les préfets ont été informés le 6 mai dernier de la disparition pure et simple, très prochainement, du corps préfectoral. Si la fonction va – évidemment – perdurer, le statut particulier rattaché à cette fonction n'a plus vocation à durer. « Il faut faire très attention : les préfets structurent le pays et sont garants de la stabilité. À force de vouloir réformer, on atteint vite les limites », confie un préfet de métropole sous couvert d'anonymat. Mêmes réflexions pour les autres préfets contactés par La Lettre, qui pour la plupart sont « inquiets » de « l'avenir de la fonction ». Un conseiller du pouvoir, connaisseur du dossier, tente de rassurer, en estimant « qu'il n'est pas question de faire disparaître les préfets ou leurs attributions », mais que cette réforme « s'inscrit dans la volonté logique du président de la République ». Pour le moment, seuls la Cour des comptes et le Conseil d'État échappent encore aux réformes de corps.