Avenir assombri
L'allocution, la semaine passée, du chef de l'État a confirmé que la situation sanitaire de notre pays se dégradait rapidement, à l'instar d'autres pays de l'Union européenne. Le message principal semble avoir, et c'est tant mieux, été compris : quelques heures après l'intervention d'Emmanuel Macron, de nombreux créneaux de prise de rendez-vous pour la vaccination (dose de rappel comme premières doses) ont été réservés. Mais, pour l'exécutif, rien n'est encore fait : à la situation sanitaire s'ajoute une crise sociale sourde, latente depuis plusieurs mois, qui s'intensifie au fur et à mesure qu'approchent les mois d'hiver. Certes, le gouvernement a mis quelques mesures en place pour limiter l'impact de la hausse des prix de l'énergie (pour les particuliers comme pour les entreprises), mais cela suffira-t-il à contenir la colère, au moment où plusieurs conseillers du pouvoir redoutent le retour des Gilets jaunes ? De plus, la période politique étant instable, le chef de l'État est continuellement sur le fil, où chaque déplacement et chaque déclaration sont vus comme celle d'un candidat à l'élection présidentielle et non comme celle du président de la République. De cette période aussi inédite que pénible, c'est un quitte ou double pour Emmanuel Macron : réussir le pari de la « protection » des Français, ou se faire doubler par une ou un candidat à l'élection présidentielle qui saura capter la colère des Français.