Les regrets de la gauche >
«Quelle erreur ! » Votre Lettre a fait une retranscription – polie – de l'expression lâchée par un ténor du Parti Socialiste lorsqu'on évoque l'ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, comme potentiel candidat de la gauche à l'élection présidentielle.
La semaine passée, au-delà de la douche froide qui persiste dans les sondages pour la candidate socialiste Anne Hidalgo, c'est un autre sondage qui est venu refroidir une partie de l'état-major du Parti Socialiste et des militants : l'Ifop a également testé l'ancienne ministre Christiane Taubira, figure de la gauche, qui figure à… 2 % des intentions de vote. « Ils oublient qu'il faut parler à la France là, pas aux militants socialistes. Ils n'ont rien retenu des erreurs de Benoît Hamon », analyse un parlementaire socialiste.
Certains cadres, entourage de l'ancien président de la République compris, regrettent désormais que le PS version Olivier Faure ait rejeté en bloc la candidature proposée – officieusement – par Bernard Cazeneuve. Dans les colonnes de L'Express, il y a quelques mois, celui qui est redevenu avocat au sein du prestigieux cabinet August & Debouzy ne mâchait pas ses mots, expliquant qu'il s'était heurté au refus de nombreux poids lourds de l'appareil.
Las, le dernier carré du hollandisme a donc regardé la candidature de la maire de Paris prendre l'eau de toute part. « Le problème désormais, c'est qu'ils n'ont plus grand monde de crédible en magasin », explique à La Lettre de L'Expansion un conseiller médiatique de la gauche bien connu du grand public. « Si nous nous rallions, c'est la mort actée du Parti Socialiste en tant que parti. Mais d'un autre côté, nous ne pouvons pas totalement disparaître, en raison des législatives qui suivent. Alors que faire ? » interroge un autre parlementaire.
Parmi les hypothèses qui circulent chez les cadres, militants et parlementaires : une campagne avec Anne Hidalgo qui va jusqu'au bout, avec possiblement un score à moins de 5 % (donc aux conséquences financières importantes), ou des discussions avec Yannick Jadot, après le refus des autres forces de gauche d'une primaire. Pour le moment, aucune des solutions n'est idéale, et aucune ne semble remporter la majorité des suffrages chez les cadres et les militants. Et ce, malgré un premier tour dans moins de quatre mois.