Tout se joue maintenant
Redevenir uniquement candidat. Faire campagne jusqu'au dernier moment. Le chef de l'État, qui multiplie les interviews sur tous les supports, augmente le nombre de ses déplacements et prévoit un grand meeting le dernier jour de la campagne présidentielle, a bien compris qu'il fallait mobiliser et convaincre. Car sa mauvaise campagne de premier tour a donné quelques sueurs froides à ses plus fidèles lieutenants, au regard du bon score réalisé par Marine Le Pen et de possibles reports de voix favorables à cette dernière (lire notre page 2). Les deux camps misent également sur le traditionnel débat d'entre-deux-tours pour ten ter de convaincre plutôt que d'aboutir à un « vote par dépit » ou un « vote de barrage ».
Déjà, les appareils politiques, eux, visent les prochaines élections législatives et commencent à regarder les possibles accords entre les partis. Mais cette élection présidentielle, au fort taux d'abstention et ayant montré une France coupée en trois, est le symptôme d'un malaise plus global. Entre lassitude et « dégagisme », les Français ont délaissé cette étrange élection présidentielle. Gageons que l'abstention de ce dimanche sera basse – comme cela devrait être dans une démocratie en bonne santé.