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Pouvoirs / Éditorial / 12/09/2022

Capitalisme et morale : la grande confusion

Peut-être est-ce dû à notre époque, à la perte de repères ou à l'absence de grands leaders d'opinion ? Mais un peu partout en Europe, il est autant question d'économie que de morale. Des entreprises réalisent des profits importants et la morale veut taxer ces champions industriels. L'Ukraine est agressée depuis six mois par la Russie et notre Président explique « qu'il faut accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs ». Ce qui place les sanctions économiques contre la Russie sur le plan de la morale davantage que sur celui de l'efficacité.

Le problème c'est qu'on ne demande pas au capitalisme d'être moral. On lui demande de fonctionner aussi bien que possible afin de créer de la richesse pour l'ensemble du pays. Or à cause de ces questions « morales », des entreprises doivent aujourd'hui réduire leur production – ou l'arrêter – faute de pouvoir payer les factures de gaz ou d'électricité. Et cela, c'est sans compter l'avis de nos compatriotes. Car 74 % d'entre eux estiment que les sanctions ne sont pas efficaces pour mettre fin à la guerre. La question qu'Emmanuel Macron doit résoudre très vite pour mettre fin à cette confusion entre économie et morale est : peut-on demander aux Français des efforts de guerre alors que nous ne sommes en guerre contre personne ?

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