Europe : le retour des heures sombres
Un peu plus d'une semaine après le vibrant discours sur l'État de l'Union d'Ursula von der Leyen, l'Europe s'apprête à entrer dans une zone de fortes turbulences. D'abord économiques, comme en témoigne la publication vendredi des indices PMI de la zone Euro en nette contraction qui laissent présager une très prochaine récession.
Ensuite politiques, avec les élections italiennes qui vont sans doute donner le pouvoir à la coalition menée par l'extrême droite de Giorgia Meloni. Quelques jours après la Suède, c'est cette fois-ci l'un des pays signataires du Traité de Rome qui va sombrer dans l'extrémisme et dans la contestation de la construction européenne. Car la particularité du programme de cette coalition faustienne c'est de vouloir renégocier le plan de relance européen, pourtant très favorable à l'Italie.
D'où des conséquences financières graves, car les emprunts d'État italiens affichent déjà un spread de plus de 220 points de base avec le bund allemand. Et les experts estiment à 250 le point d'alerte qui obligerait la BCE à intervenir sous peine de voir l'Italie tomber dans un scénario à la grecque et ramener l'Europe dix ans en arrière. Autant dire que les jours qui viennent vont être chauds sur les marchés, au moment précis où Bruno Le Maire essaiera de vendre aux investisseurs le projet de budget pour 2023 avec des besoins de financement estimés à… 320 milliards d'euros.