Pas de main qui tremble…
Ce n'est pas « vingt ans après » comme chez Alexandre Dumas. Juste trois ans après. Trois ans, presque jour pour jour après qu'Édouard Philippe a présenté sa réforme des retraites, Élisabeth Borne va, à son tour, dessiner les contours de ce qu'il est convenu d'appeler « la mère des réformes ». Ce sera sans doute ce jeudi. Avant un examen en conseil des ministres prévu le 11 janvier.
Cette fois-ci, il n'est pas question de mettre sur le tapis un « système universel à points », qui s'est transformé en une « usine à gaz » incompréhensible par les meilleures volontés, avant d'être finalement suspendue, sine die, à cause d'un sale virus venu de Chine qui court toujours. Simplement d'une réforme dont le but est d'assurer la pérennité financière du régime par répartition tout en réduisant sa ponction sur notre création de richesse nationale.
Cette réforme doit nécessairement comprendre des mesures pour les carrières longues ou les métiers à forte pénibilité. Mais tous les yeux des Français, des partenaires sociaux, des politiques, de nos amis européens et même des agences de notation ne seront braqués que sur le relèvement à 65 ans de l'âge légal de départ en retraite. Et sur la capacité du gouvernement à ne pas céder sur ce point, même pour revenir en catimini à 64 ans. À la différence de Macbeth, Emmanuel Macron devra éviter jusqu'au bout d'avoir la main qui tremble !