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Pouvoirs / Éditorial / 13/03/2023

Tous perdants

La journée de mardi dernier devait mettre la France à genoux. Le pays s'est retrouvé finalement à peine au ralenti. Et les manifestations, pourtant bien fournies, n'ont pas égalé de précédents records. François Ruffin, qui prédisait que le mois de mars 2023 figurerait à l'avenir dans les manuels d'histoire de France, s'est ridiculisé une fois de plus. Le texte sur la réforme des retraites, amendé par les sénateurs, sera voté jeudi prochain. Et peut-être même sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours au 49-3.

Il reste qu'à l'issue de ces deux mois de guérilla sociale, parlementaire et politique, tout le monde ressort perdant. Les syndicats qui ont jeté toutes leurs forces dans cette bataille sans que cela ne change rien. Les députés qui ont donné du Parlement une image détestable. Les partis politiques qui ont regardé passer les trains. La droite qui promettait de réécrire à sa manière cette réforme et qui n'a été que la mouche du coche. Les ministres concernés qui ont péché par un amateurisme pitoyable. La Première ministre qui s'est enfermée dans un discours, incapable de convaincre les Français de bonne volonté. Enfin, le président de la République, qui passe pour un souverain totalement coupé du peuple et qui aura imposé cette réforme à la hussarde. Mais il n'avait pas d'autre solution. Céder du terrain aux syndicats ou retirer le texte aurait signé la fin de son quinquennat. Emmanuel Macron sort de cette épreuve abîmé, cabossé et impopulaire, mais toujours là. Prêt à passer du social au sociétal.

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