Qui en veut au porte-avions ? >
La Première ministre n'a jamais caché son désintérêt pour les questions liées à nos armées. Il n'empêche que, lors d'une récente réunion d'arbitrage, Élisabeth Borne a demandé que la mise à flot du porte-avions de nouvelle génération (Pang), prévue en 2038, soit reportée de deux ans. Une manœuvre qui lui permet d'économiser un milliard dans l'exécution budgétaire comme l'a révélé Le Canard enchaîné.
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a pourtant reçu il y a quelques jours les amiraux en charge des équipements futurs pour les rassurer. Car cela fait maintenant quelques années que les pouvoirs publics, de gauche ou de droite, ont reconnu la nécessité de ce bâtiment de projection. Rapporteur pour avis sur les crédits de la Marine nationale, le député Yannick Chenevard l'avait souligné dans son dernier rapport. Et le mauvais coup de la locataire de Matignon intervient quelques jours avant une immobilisation du Charles de Gaulle qui va durer huit mois. Et qui va priver la France de la capacité d'envoyer son groupe aéronaval dans la Méditerranée afin que les Rafale survolent la frontière entre la Roumanie et l'Ukraine. À Balard, où l'on est habitué à ces coups fourrés, on se dit que les jours de la Première ministre sont comptés.