La visite du président Tebboune à Paris est plus que compromise >
Initialement prévue au début du mois de mai, puis décalée à la deuxième quinzaine de juin, la visite d'État d'Abdelmadjid Tebboune en France n'aura pas lieu. Du moins pas tout de suite. Pas avant l'été. Et avec la Coupe du monde de rugby qui débutera en France le 8 septembre, la venue du président algérien pourrait ne pas voir le jour avant l'automne. Certes, officiellement, la principale explication fournie des deux côtés de la Méditerranée est celle de l'agenda. Les emplois du temps des deux dirigeants auraient du mal à s'accorder. Mais difficile ne pas y voir des tensions qui subsistent ou qui ressurgissent entre la France et l'Algérie. À Alger, le livre de l'ancien ambassadeur de France, Xavier Driencourt, dénonçant le traité franco-algérien de 1968, n'a pas été apprécié. Pas plus que la sortie de l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe, sur le même sujet dans L'Express. À Paris, c'est la réintroduction d'un couplet controversé dans l'hymne national algérien (qui demande entre autres à la France de « rendre des comptes ») qui a crispé. D'autant plus que c'est Abdelmadjid Tebboune en personne qui a signé ce décret de réintroduction, le 21 mai dernier. Enfin, la visite d'État du dirigeant algérien en Russie, durant trois jours la semaine dernière, n'arrange rien. Cette visite auprès de Vladimir Poutine s'est inscrite « dans le cadre du renforcement de la coopération entre deux pays amis », a souligné Alger. À voir désormais pour Paris si les amis de nos ennemis restent nos amis.