Le compte n'y est pas ! >
Les politiques ont souvent la mémoire courte. Au début du mois de juin dernier, tout le pays avait tremblé à l'idée que Standard & Poor's dégrade la note de la France. Finalement, l'agence de notation a fait preuve de mansuétude, mettant nos finances publiques sous observation. Tout cela laissait penser que la prochaine loi de finances serait rédigée à l'aune de la rigueur et des économies. On ne connaîtra le verdict final que le 27 septembre prochain.
Mais Bruno Le Maire et Thomas Cazenave ont levé le voile il y a quelques jours sur certains chiffres. S'il y a bien 16 milliards d'euros d'économies, réalisées notamment par la fin du bouclier tarifaire sur le gaz, il faudra aussi compter sur 25 milliards de dépenses « consacrées à la protection et à la cohésion » de la nation. Dont, notamment, 4,5 milliards d'euros liés aux revalorisations des prestations sociales et 14,5 milliards à l'indexation des retraites. Si bien que, l'an prochain, en dépit d'une croissance qui devrait être supérieure à celle de 2023, notre déficit public sera encore très proche de 130 milliards d'euros. Ce qui nous obligera à nous endetter chaque jour de 350 millions d'euros. John Fitzgerald Kennedy aimait à dire que c'est lorsqu'il fait beau qu'il faut réparer le toit. En France, on préfère continuer à y piocher des ardoises en espérant que l'orage passe à côté de l'édifice. Reste à savoir si Standard & Poor's se laissera abuser par cette nouvelle démonstration de cavalerie.