« L'écologie à la française » ne fait pas de l'hydrogène une priorité >
Tripler la production de pompes à chaleur d'ici à quatre ans, construire 13 RER métropolitains, mettre en place un système de leasing pour l'accession aux voitures électriques ou réduire de 30 % l'usage du glyphosate ; telles sont les principales mesures annoncées lundi dernier par Emmanuel Macron, à l'issue du Conseil de planification écologique. En revanche, l'hydrogène a été rangé au catalogue des bonnes intentions. Alors qu'en mai 2022 la Commission européenne proposait un plan visant l'utilisation de 20 millions de tonnes d'hydrogène bas carbone d'ici à 2030 – soit suffisamment pour réduire de 10 à 15 % la consommation européenne de gaz naturel – le chef de l'État semble avoir fait fi de ces ambitions communautaires en préférant une « écologie à la française ». Comme le montrent les ambitions de nos voisins allemands et les annonces de projets suédois, l'économie de l'hydrogène nécessite d'importantes infrastructures. À commencer par des pipelines, afin d'importer de l'hydrogène produit grâce à de l'électricité renouvelable issue d'installations créées par nos partenaires du pourtour méditerranéen. La position géographique de la France, carrefour entre les pays d'Afrique du Nord doté de vent et de soleil et nos partenaires européens désireux d'être à la pointe de l'industrie décarbonée, nous oblige, d'une certaine manière, à être moteurs dans l'intégration de l'hydrogène à notre mix énergétique. C'est, de surcroît, une question de souveraineté pour notre acier ou notre chimie qui sont confrontés au choc énergétique lié au conflit ukrainien. Et tout cela c'est sans compter l'usage de l'hydrogène en matière de mobilité. À condition, là encore, de disposer d'infrastructures ad hoc.