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Pouvoirs / Financement de la « Sécu » / 09/10/2023

L'industrie du médicament s'inquiète du manque d'attractivité de la France

Après un matraquage fiscal et réglementaire, l'industrie du médicament semble soulagée, mais vigilante, après l'annonce du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Conformément aux préconisations de la mission Borne sur les produits de santé, les pouvoirs publics ont décidé de stabiliser le montant de la fameuse clause de sauvegarde mise en place en 1999, et qui est l'un des principaux leviers de régulation sur les prix des médicaments. La ponction opérée sur l'industrie du médicament est donc figée à 1,6 milliard d'euros pour 2024 (bien au-dessus des 500 millions estimés supportables par l'industrie). Ce mécanisme constitue une véritable taxe sur la croissance, qui s'ajoute à l'effort de 850 millions d'euros de baisse des prix concédée par les laboratoires. Le tandem Aurélien Rousseau (pour la santé) et Roland Lescure (pour l'industrie) a compris que si l'on demandait davantage à l'industrie pharmaceutique française, c'en était fini de l'attractivité de notre territoire. Thierry Hulot, le président du Leem (Les entreprises du médicament) et son directeur général, Philippe Lamoureux se battent bec et ongles pour que cette industrie, qui emploie 100 000 salariés en France sur 270 sites de production et réalise un chiffre d'affaires cumulé de 63 milliards, continue de performer en dépit d'une régulation et d'une surfiscalité que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Difficile de faire venir dans l'Hexagone de jeunes laboratoires innovants lorsque notre pays affiche les prix des médicaments les plus bas, les délais d'instruction de mise sur le marché les plus longs, la fiscalité la plus lourde et une absence de stabilité du cadre réglementaire.

Cette semaine, dans la rubrique Pouvoirs
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