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Pouvoirs / Jeux en ligne / 16/10/2023

Cette curieuse loi « Sorare » qui inquiète les acteurs du jeu

C'est demain, mardi 17 octobre, que les députés devraient voter en séance le projet de loi visant à sécuriser l'espace numérique porté par Jean-Noël Barrot. L'intention générale de ce texte est louable avec des mesures comme un filtre anti-arnaque, le blocage rapide des sites pornographiques accessibles aux mineurs, ou la mise en place d'une peine de bannissement des réseaux sociaux pour les cyber-harceleurs. Mais l'article 15 inquiète l'industrie française du jeu. Dans la mesure où il prévoit de créer une nouvelle catégorie « de jeux à objets numériques monétisables » ou « jonum ». De fait, ce texte vise à combler le vide réglementaire dans lequel les jeux Web 3 évoluent. Cela concerne principalement un acteur dont le nom est Sorare, une start-up comme les aime l'Élysée et qui est devenue très vite une « licorne » avec une valorisation estimée à 4 milliards d'euros et des actionnaires aussi en vue qu'Antoine Griezmann et Kylian M'Bappé.

Quant au fondateur de Sorare, Nicolas Julia, c'est un proche d'Emmanuel Macron. Si c'est le devoir des pouvoirs publics de s'intéresser aux Web 3, voire de l'encadrer, l'article 15 de ce projet de loi va, de fait, créer une distorsion de concurrence. Les créateurs de ces « jonum » vont bénéficier d'un cadre réglementaire très souple comparé à celui des jeux d'argent ou de hasard et d'une fiscalité trois fois inférieure. Les législateurs qui s'apprêtent à valider ce texte semblent avoir oublié que les 202 casinos français rapportent pas moins de 1,4 milliard d'euros au Trésor public. Une manne que l'on ne retrouvera pas avec le Web 3 et l'usage très opaque des crypto-monnaies. Sans que cela ne semble émouvoir Bercy…

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