Un libéral nommé Attal
«On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». C'est ce qu'affirmait Arthur Rimbaud au début de son poème Roman. Mais est-on sérieux quand on a deux fois dix-sept ans comme c'est le cas de notre Premier ministre ? À écouter puis à relire sa déclaration de politique générale, il n'est pas difficile de répondre par l'affirmative. Non seulement Gabriel Attal a mesuré l'ampleur de la tâche qui l'attend mais, surtout, il a rompu avec une habitude bien ancrée chez nos politiques français qui consiste à se satisfaire d'une situation médiocre. Son slogan, il l'a scandé à plusieurs reprises, c'est « affronter pour avancer ». Et il entend bien affronter les rigidités du corps social français qui enferment des millions de nos compatriotes dans des trappes à pauvreté, les absurdités de dizaines de milliers de normes qui amènent les entrepreneurs à créer des usines à l'étranger plutôt qu'en France et les postures de prétendus experts qui veulent surtout que rien ne bouge afin de garder leurs prébendes. Cela fait longtemps qu'un discours aussi libéral n'avait pas été prononcé devant la représentation nationale. Peut-être faut-il remonter à Édouard Balladur ou à Raymond Barre ? Comme le rapport Camdessus l'avait fait, comme la commission Attali l'avait montré, il a pointé du doigt tout ce qui empêche les entreprises de faire travailler davantage de salariés, tout ce qui crée cette insupportable crise du logement et tout ce qui paupérise notre pays. Gageons simplement qu'il ait le temps et les marges de manœuvre suffisantes pour remettre la liberté au cœur de notre économie. Yves de Kerdrel