Bruxelles considère enfin l'énergie nucléaire comme stratégique >
Il y a un an, la Commission européenne avait surpris une partie des gouvernements européens en refusant de reconnaître comme stratégique l'énergie d'origine nucléaire. Derrière cette invraisemblance on avait pu voir le résultat du lobbying mené par l'Allemagne, qui s'est tiré une balle dans le pied il y a quinze ans en décidant de mettre fin à toutes ses centrales nucléaires cinq jours après l'accident de Fukushima. Alors que les centrales allemandes ne sont pas conçues comme les centrales japonaises et que cet accident avait pour origine un tsunami. L'Europe vient donc de faire amende honorable sur ce sujet en reconnaissant enfin, le 6 février dernier, le nucléaire comme technologie stratégique pour la décarbonation de l'Union, après des mois d'âpres négociations autour du Net-Zero Industry Act (NZIA). Cette initiative est le résultat de discussions menées en trilogue avec les représentants de la Commission, ceux du Parlement européen et ceux des pays membres. De fait, tout ce qui touche à l'énergie nucléaire a été intégré dans une liste de technologies « net-zéro », qui profiteront des dispositions du NZIA. Cela vise à la fois les technologies nucléaires déjà en fonctionnement et les technologies futures, qui intègrent les petits réacteurs modulaires ou les réacteurs de technologies avancées. À cela s'ajoute aussi toute leur chaîne de combustibles. À noter également une disposition importante : chaque État membre sera souverain pour définir, sur son sol, les projets qui seront considérés comme stratégiques et qui bénéficieront de facilités, d'octrois de permis et d'accélération administrative. l