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Pouvoirs / Diplomatie / 19/02/2024

Séjourné doit gérer le dossier des essais nucléaires en Algérie

I l y a soixante-quatre ans, la France faisait exploser sa première bombe atomique à Reggane dans le Sud algérien. Deux ans avant l'indépendance de l'Algérie et avec la bénédiction du général de Gaulle qui suivait en direct l'élaboration de notre arme nucléaire. En Algérie ces essais sont aujourd'hui considérés comme des crimes contre l'humanité, qui engagent la responsabilité politique et juridique de la France. C'est ce que la presse algérienne a répété la semaine passée avec des accents très méfiants à l'égard de Stéphane Séjourné, le ministre des Affaires étrangères. Alger demande depuis plusieurs années à Paris de discuter des indemnisations dues aux dégâts de toute nature, provoqués par la radioactivité présente dans cette région avec ses conséquences environnementales et sanitaires. De manière à faire monter la pression sur la France, l'Algérie a mis en place, il y a deux ans, une Agence nationale pour la réhabilitation des sites d'expérimentation nucléaire de la France coloniale. Il y a quinze ans, Nicolas Sarkozy avait fait part d'un projet de loi d'indemnisation des victimes de ces essais nucléaires, appuyé sur un fonds prévu de 10 millions d'euros… que les Algériens jugent très insuffisant. Le statu quo sur ce sujet participe du blocage concernant le projet de visite d'État du président Abdelmadjid Tebboune qu'Emmanuel Macron cherche à tout prix à faire venir en France, tout en ménageant les Marocains. Au sein de nos services de renseignements on doute fort de la capacité du nouveau locataire du Quai d'Orsay à déminer ce dossier radioactif.

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