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Pouvoirs / Éditorial / 26/02/2024

Le rabot, ce n'est pas la rigueur

Comme un pénitent qui confesse ses péchés, Bruno Le Maire s'est rendu à la « grand-messe » du Journal de 20 heures pour avouer que la croissance ne serait pas, cette année, de 1,4 % mais de 1 % seulement. Ce qui est encore optimiste en comparaison des estimations fournies par les prévisionnistes. Et pour obtenir le pardon de ses fautes, le locataire de Bercy s'est engagé à réduire les dépenses de l'État de 10 milliards d'euros en limitant les crédits de tous les ministères et en bridant les politiques publiques. Première erreur : notre ministre de l'Économie a, une fois encore, ponctionné les dépenses des ministères au lieu de s'attaquer au tonneau des Danaïdes de la sphère sociale. Au risque de toucher à ces priorités nationales que sont l'éducation nationale, la défense ou la santé. Se-conde erreur : Bruno Le Maire a voulu se parer des habits du « père la rigueur » à la manière d'un Antoine Pinay qui rassurait les retraités avec son chapeau mou. Mais il ne fait qu'utiliser un rabot, comme l'a montré le décret d'annulation de crédits publié dès jeudi dernier au Journal Officiel. La rigueur ce n'est pas raboter ce qui risque de provoquer un déficit budgétaire excessif aux yeux de Bruxelles et des agences de notation. La rigueur, c'est s'attaquer de manière durable à la réduction de la dépense publique qui absorbe 58 % de notre richesse nationale. Et ce job-là, le plus important, le plus exigeant et le plus minutieux, personne n'a le courage de le mener. Car il est bien plus facile de promettre le « quoi qu'il en coûte » que de respecter ses engagements coûte que coûte.

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