Valletoux : ministre de l'hôpital public et non de la santé des Français >
C'est par voie de presse et avec un mois de retard que le secteur de l'hospitalisation privée a appris que les prix payés cette année par la Sécurité sociale pour les actes effectués dans ses établissements n'augmenteraient en 2024 que de 0,3 %, alors qu'ils progresseront de 4,3 % dans le secteur public. Une mesure qui provoque d'ores et déjà une forte inquiétude au sein du millier d'hôpitaux et cliniques privés qui emploient 40 000 médecins et accueillent chaque année 9 millions de patients. On aurait pu penser que Frédéric Valletoux serait moins dogmatique que certains ministres affichant clairement leur ancrage à gauche. C'est l'inverse qui s'est produit. L'ancien maire de Fontainebleau, qui a été président de 2011 à 2022 de la Fédération hospitalière de France, part du principe erroné selon lequel on guérira l'hôpital public en mettant des obstacles à l'hospitalisation privée. Sa décision de ne pas revaloriser les actes de soin prodigués en dehors de l'hôpital public va avoir des conséquences terribles. Primo : une baisse de la capacité hospitalière privée, dans la mesure où plus ces établissements font des actes plus ils perdent de l'argent. Secundo : des restructurations et des fermetures d'hôpitaux et de cliniques privés voire de services d'urgences (73 % de ces derniers étant déficitaires). Tertio : une chute des investissements dans le système de santé. Quarto : une perte d'efficience alors que 35 % des actes effectués le sont par des établissements privés qui n'absorbent que 16 % des financements attribués. Quinto : une fragilisation du maillage territorial de la santé où l'hospitalisation privée assure une présence que le secteur public n'est pas capable de suppléer.