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Pouvoirs / Éditorial / 29/04/2024

Puissance dans les mots, pas dans les chiffres…

A près l'« Europe souveraine » scandée par le chef de l'État depuis la crise sanitaire, voici donc la notion d'« Europe-puissance ». Si c'est une bonne idée, comme tout ce qui concourt à renforcer l'Europe, elle n'est pas neuve. C'était même l'idée initiale du général de Gaulle. Jean François-Poncet, ministre des Affaires étrangères de Valéry Giscard d'Estaing avait tenté de la remettre à l'honneur. Jacques Chirac – qui n'a pas rendu beaucoup de services à l'idée européenne avec la piteuse défaite du référendum de 2005 – a également manié le concept d'Europe-puissance. Mais l'Europe des nations ne sera une puissance que si chacune des nations apporte sa pierre à l'édifice. C'est le sens des propos tenus par le général de Gaulle, lors du conseil des ministres du 22 août 1962, et qu'Alain Peyrefitte nous a relatés : « L'Europe, ça sert à quoi ? Ça doit servir à ne se laisser dominer ni par les Américains, ni par les Russes. À six, nous devrions pouvoir arriver à faire aussi bien que chacun des deux super-grands. Et si la France s'arrange pour être la première des Six, ce qui est à notre portée, elle pourra manier ce levier d'Archimède. Elle pourra entraîner les autres. L'Europe, c'est le moyen pour la France de redevenir ce qu'elle a cessé d'être depuis Waterloo : la première au monde. » Le problème d'Emmanuel Macron c'est que s'il a l'art de manier les mots, il n'a pas le même don avec les chiffres du budget ou de la dette. Et l'état de nos finances publiques ne permet plus à la France de donner à l'Europe la moindre leçon de puissance.

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