Le Medef et la CPME bien timides sur les risques des deux extrémismes >
Le résultat calamiteux des élections européennes en France, avec la montée des extrémismes de toutes formes et la dissolution improvisée et précipitée de l'Assemblée nationale, a secoué l'ensemble des dirigeants d'entreprises installées en France. Qu'elles soient cotées, de taille moyenne ou appartenant à des groupes étrangers. D'autant que cela s'est accompagné d'un effondrement de l'indice CAC 40 et de la forte tension sur les taux de rendement des emprunts d'État français (désormais au même niveau que ceux du Portugal). Face à cette situation, les principaux mouvements patronaux ont fait preuve d'une impressionnante timidité. Le Medef a publié, le 11 juin, un communiqué dans lequel il se contente de rappeler quelques banalités, sans citer les menaces liées au Rassemblement national ou le danger que représente le Nouveau front populaire, avec son cortège de confrontations, d'invectives et de violences. L'Afep n'a pas été plus téméraire et a gardé le silence prudent. Avec comme arguments. Primo : les patrons sont KO. Secundo : ils sont dégoûtés. Tertio : le Rassemblement national est insaisissable. Quarto : ils craignent d'être contre-productifs. Pourtant, un groupe de dirigeants d'entreprises d'opinions diverses préparent un appel à la responsabilité. Avec comme principal postulat : c'est que les principales victimes du désordre que risque de connaître le pays seront les Français les plus vulnérables, les plus précaires, mais aussi les plus incompris.