Des ministres prêts à boycotter les passations de pouvoirs >
C'est le scénario noir de la « macronie » et de très nombreux dirigeants économiques et chefs d'entreprise : une majorité absolue du RN dans les urnes dimanche 7 juillet au soir. Une situation qui laisserait le champ libre à Jordan Bardella pour composer son « gouvernement d'union nationale ». Un scénario anticipé par plusieurs ministres qui n'admettent toujours pas la décision d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée et en disent ouvertement le plus grand mal. Ainsi, pour ces membres du gouvernement, il apparaît comme inenvisageable de s'afficher comme si de rien n'était devant les caméras et les micros au moment de quitter leur poste et de serrer la main de leur successeur. De là à boycotter cette tradition républicaine ? « Clairement, la question se pose », affirme un poids lourd du gouvernement qui n'imagine pas rester dans les annales de son ministère comme celui qui aura donné les clefs à l'extrême droite. Il n'y a pas de précédent dans l'histoire de la Ve République. À l'exception de la démission du général Alain de Boissieu, alors grand chancelier de la Légion d'honneur, mais aussi gendre du général de Gaulle, qui n'imaginait pas passer le grand cordon de l'ordre créé par Napoléon autour du cou de l'auteur du Coup d'État