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Pouvoirs / Éditorial / 02/09/2024

Vers une bascule à gauche

C'est en début de matinée que Bernard Cazeneuve est attendu à l'Élysée dans le cadre des consultations menées depuis deux semaines par le président de la République. L'ancien maire de Cherbourg n'est ni parlementaire, ni chef de parti, ni élu local. C'est donc bien pour savoir s'il est en mesure de former un gouvernement qui ne serait pas censuré par l'Assemblée nationale qu'Emmanuel Macron s'est décidé à le recevoir. S'il a beaucoup tergiversé avant de se résoudre à cette rencontre, c'est parce que le chef de l'État sait que, bien qu'il ait rendu sa carte du Parti socialiste en 2022 et bien qu'il ait pris ses distances avec le Nouveau Front populaire, Bernard Cazeneuve sera contraint, d'une manière ou d'une autre, de donner des gages à la gauche. Et même s'il s'agit de gestes symboliques comme le rétablissement de l'ISF ou la convocation d'une convention paritaire sur la réforme des retraites, cela pourrait passer aux yeux des marchés comme un « détricotage » de tout ce qui a été fait depuis sept ans en faveur de l'attractivité du pays. Curieusement, la France pourrait donc se retrouver avec un Premier ministre issu des rangs de la gauche alors qu'elle n'a jamais été aussi proche des idées portées par la droite. C'est bien le problème d'Emmanuel Macron de prendre souvent l'opinion à revers. Déjà en mai 2022, alors que Catherine Vautrin était la candidate idéale pour Matignon, il a fini par choisir Élisabeth Borne. Comme s'il avait toujours besoin de se faire pardonner d'avoir mené, depuis 2017, une politique de droite libérale.

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