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Pouvoirs / Éditorial / 16/12/2024

Les hommes passent, les déficits restent

Cinquante ans après être entré en politique aux côtés de Jean Lecanuet, François Bayrou a été nommé Premier ministre. Quoi qu'on pense de l'homme et de la manière dont il a trahi l'héritage de Valéry Giscard d'Estaing, puis celui de Jacques Chirac, avant de voter pour François Hollande en 2012, le maire de Pau a la carrure nécessaire pour tenter d'effacer la crise politique créée par la coalition des extrêmes. Il a convaincu Emmanuel Macron qu'il saura échapper à la censure et peut-être même fracturer le Nouveau Front populaire en tendant la main à d'anciens « éléphants » du Parti socialiste. Mais le principal avantage de François Bayrou est l'intérêt ancien, profond et sincère qu'il porte au sujet des finances publiques et, notamment, à la question de l'accroissement périlleux de nos déficits budgétaires et de la dette. À plusieurs reprises, il a tiré, seul, la sonnette d'alarme, prêchant dans le désert. Il faut espérer qu'il s'attaque vraiment à ce défi français d'une dépense publique exorbitante et qui ne cesse d'enfler. Il faut souhaiter qu'il bénéficie du temps nécessaire pour mettre en place les réformes de structure nécessaires afin de dégonfler la masse d'argent public consacrée aux transferts sociaux. Il faut enfin rêver qu'il puisse mettre fin à cette insupportable incertitude qui empoisonne la vie de tous les acteurs économiques et qui plonge le pays dans la paralysie. Car si les ministres passent, les déficits restent et la confiance trépasse.

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