Cette inquiétante fascination pour la hache >
À défaut d'avoir des idées la droite française cherche outre-Atlantique des inspirations. Notamment avec le fameux Département de l'efficacité gouvernementale que Donald Trump a confié à son ami Elon Musk. Et le patron de Tesla, heureux de cette mission, se fait fort de « sabrer » 2 000 milliards de dollars de dépenses fédérales. Éric Ciotti, qui n'est pas la finesse incarnée, a posé avec une tronçonneuse à la main et se dit prêt à trouver 120 milliards d'euros d'économies par an. Valérie Pécresse que l'on pouvait imaginer plus subtile a déclaré : « Un comité de la hache antibureaucratique, j'en ai rêvé et Elon Musk va le faire !»
Jusqu'à présent, le simplisme en politique était l'apanage des extrêmes. Il semble pourtant attirer la droite de gouvernement ainsi que des patrons confrontés à un excès de normes et de taxes. Pour-tant la Révision générale des politiques publiques (RGPP) menée sous le mandat de Nicolas Sarkozy et inspirée par Claude Bébéar et Michel Pébereau n'a pas produit les effets escomptés. D'abord parce qu'elle n'avait pas assez associé les fonctionnaires à un exercice qui les concernait directement.
Ensuite et surtout parce que l'excès de dépense publique en France relève de la sphère sociale. Réduire celle-ci et tailler dans les milliards d'euros qu'elle engloutit chaque année relève donc de réformes structurelles. Un outil beaucoup plus difficile à manier que la hache ou la tronçonneuse. Et surtout un outil qui doit être porté par l'ensemble des corps intermédiaires plutôt que de devenir un argument électoral ou un jouet politique.