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Pouvoirs / Éditorial / 03/03/2025

La géopolitique ne se fait pas à la Corbeille

L e général de Gaulle affirmait que « la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille ». Édith Cresson, pour sa part, « n'avait rien à cirer » de la Bourse. Il faut dire que l'inverse est vrai. Les actions françaises n'ont jamais autant grimpé depuis le vote d'un budget qui pourtant n'a pas épargné les grands groupes cotés. Surtout, la Bourse de Paris semble imperméable au grand basculement géopolitique auquel nous assistons aussi stupéfaits que désemparés avec les États-Unis réunis à l'ONU dans le même camp que la Russie, la Biélorussie et la Corée du Nord contre l'Europe. Les grands équilibres militaires, économiques et financiers qui permettaient la bonne marche de la planète depuis 1945 ont tous été remis en cause par un Donald Trump manifestement prêt à tout, à la fois, pour damer le pion à la Chine et pour effacer une Union européenne qu'il juge nuisible. Cette surenchère du président américain n'a pas empêché l'indice CAC 40 de gagner 12 % depuis la cérémonie d'intronisation du locataire de la Maison-Blanche. Et durant la même période, les indices américains ont reculé de plus de 3 %. Les investisseurs accordent heureusement plus de crédit à nos grands patrons français pour manœuvrer leurs entreprises qu'à un président américain à la fois imprévisible, incohérent et instable. Preuve que la géopolitique, elle aussi, ne se fait pas à la Corbeille.

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