L'amiral Vandier alerte sur la nécessité pour l'Otan de restaurer sa supériorité >
Sa parole est rare, et d'autant plus précieuse. Ancien chef d'état-major de la Marine française, et ancien major général des armées, Pierre Vandier occupe depuis le mois de septembre dernier le poste de commandant suprême allié pour la transformation. Basé à Norfolk, aux États-Unis, sa tâche consiste à superviser la transformation des capacités militaires de l'Otan, à améliorer l'entraînement et les capacités, et à élaborer et mettre à l'épreuve des doctrines communes aux pays membres de l'Otan. Dans un podcast diffusé il y a quelques jours par le magazine L'Express, il explique à quel point la guerre menée par la Russie en Ukraine a permis aux troupes russes d'étudier en profondeur et de contrer tout l'éventail des armes fournies à Kiev par l'Occident. Et cela d'autant plus qu'en l'espace de trois années de conflit plusieurs phases se sont succédé. La première avec l'engagement massif de chars et de missiles antichars. La deuxième avec le déploiement de drones, de missiles sol-air et de capacités de guerre électronique. La troisième avec le recours à l'artillerie et l'infanterie. Tout cela a permis à la Russie d'apprendre énormément sur les technologies militaires utilisées par les différents pays membres de l'Otan qui ont livré des armements à l'Ukraine. D'où la nécessité, exprimée avec force par l'amiral Vandier, pour l'Alliance atlantique de restaurer très rapidement sa supériorité à la fois sur le plan technique et sur le plan tactique.