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Pouvoirs / Éditorial / 12/05/2025

Hériter, ce n'est ni du vol ni une honte

À la question « qu'est-ce que la propriété ?», le philosophe Proudhon répondait en 1840 par ce propos brutal : « La propriété c'est le vol !» Faute de n'avoir pas obtenu le retour incongru de l'ISF, un grand quotidien du soir a dénoncé il y a quelques jours une France d'héritiers. Sans doute pour inciter les pouvoirs publics à renforcer l'« impôt sur la mort ». Que la valeur des patrimoines progresse plus vite que celle des revenus, c'est un fait. Que la transmission des patrimoines se fasse au sein de la cellule familiale, cela a plus de vertus que d'inconvénients. Puisque les héritiers doivent poursuivre le chemin qui a été tracé par les générations qui les ont précédés. Ils n'héritent pas de lingots d'or, de limousines ou de yachts, mais – pour la plupart – d'entreprises auxquelles sont liées des marques avec leurs histoires, des collaborateurs avec leurs familles, des usines avec leurs emplois, des projets à faire réussir et surtout une histoire à poursuivre ou une réussite à amplifier. Personne n'envie ces héritiers qu'une certaine presse aime à montrer du doigt. La question n'est pas de se demander s'il faut les taxer davantage. Mais plutôt comment faire pour qu'ils soient plus nombreux et mieux armés pour le défi qui les attend. Car ces héritiers devront aussi faire face à la dette colossale laissée par des générations de politiques inconscients et au passif climatique. Ce n'est donc pas le moment d'en faire les boucs émissaires de ceux qui souhaitent taxer davantage pour éviter que l'État ait à faire des économies.

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