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Pouvoirs / Impôt sur le patrimoine / 26/05/2025

La folie fiscale revient par la fenêtre de Bercy

Emmanuel Macron l'a affirmé il y a dix jours lors de sa grande émission télévisée : « Une taxation du patrimoine n'aurait de sens que si elle était mondiale. » Pourtant à Bercy, on cogite bel et bien sur une nouvelle taxe sur le patrimoine qui concernerait quelques dizaines de milliers de contribuables. Éric Lombard a déclaré à plusieurs reprises qu'il souhaitait rendre « pérenne » le mécanisme de lutte contre l'optimisation fiscale que constitue cette année la contribution différentielle sur les hauts revenus. Celle-ci va concerner 65 000 Français et devrait rapporter 2 milliards d'euros.

Amélie de Montchalin a ouvert la boîte de Pandore en expliquant de son côté que le mécanisme auquel Bercy réfléchit concerne une taxation du patrimoine. L'idée serait de s'assurer que les gros patrimoines (hors outil de travail) soient taxés sur la base de 0,5 %. De cela serait déduit le montant payé au titre de l'impôt sur la fortune immobilière, l'impôt sur le revenu et le prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax).

Selon nos informations la définition d'un gros patrimoine commencerait à partir de 20 millions d'euros. Cela correspond à une version édulcorée de la taxe Zucman du nom de l'économiste Gabriel Zucman qu'Éric Lombard a convié à Bercy il y a quelques jours.

Quelles que soient les modalités finales de cette future taxe, cette idée est dangereuse pour trois raisons. Primo : il s'agit bien de pointer du doigt les grosses fortunes comme dans les années 1930, les populistes fustigeaient les deux cents familles. Secundo : cela va contraindre le fisc à dresser un inventaire précis de ces gros patrimoines et de ceux qui les détiennent. Tertio : cette folie fiscale revient par la fenêtre de Bercy au moment précis où les sénateurs vont devoir discuter du projet de taxe Zucman (à un taux de 2 %) que l'Assemblée nationale avait déjà adoptée au mois de février à l'initiative de la gauche. l

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