Un quart des crèches en danger faute de l'indécision de Matignon >
Si la tendance se poursuit et que rien n'est fait cette année pour simplifier et pérenniser le secteur, la France pourrait fermer un quart de ses 15 000 crèches avant la prochaine Convention d'objectifs et de gestion (COG) entre la Caisse nationale d'allocations familiales et l'État en 2027. Les gestionnaires privés marchands et associatifs alertent : le gel de la Prestation de service unique (PSU) en 2025 alors que les charges explosent (+2 % de SMIC, +3 % de loyers, recours massif à l'intérim, etc.) met en péril un investissement public de 2 milliards d'euros, réalisé ces 15 dernières années pour créer 150 000 places. Une réponse budgétaire modeste mais immédiate – indexer la PSU à 3 %, soit 150 millions d'euros dès cet été – permettrait d'enrayer l'hémorragie. Faute d'un arbitrage rapide de Matignon, 100 000 familles pourraient se retrouver sans solution d'accueil et d'éveil pour leurs enfants, avec des conséquences directes sur l'emploi féminin, la natalité, et l'égalité des chances. Une situation invraisemblable alors même que les comptes de la branche Famille seront excédentaires de près de 1,3 milliard d'euros sur cette COG du fait de la sous-consommation du budget d'investissement en création de crèches.