La défaite intellectuelle de la droite >
C'est un fait. Il n'y aura aujourd'hui ni trou de souris, ni trou de fourmi pour permettre à François Bayrou d'obtenir la confiance d'une majorité des députés. Emmanuel Macron s'est donc déjà mis en chasse d'un nouveau Premier ministre. Et curieusement, tout Paris, au-delà même de Saint-Germain-des-Prés, semble trouver formidable l'idée de faire venir à Matignon une personnalité, sinon socialiste, du moins proche du parti à la rose. Plutôt qu'Olivier Faure, il est question de Bernard Cazeneuve, d'Éric Lombard, de Pierre Moscovici, voire d'Audrey Azoulay. Et cela d'autant plus que la droite républicaine n'entend pas censurer d'emblée un Premier ministre de gauche à condition qu'il n'ait aucun lien avec les insoumis. Le problème, c'est qu'une telle configura-tion se traduirait par une hausse immédiate et fulgurante de la fiscalité, et par un retour de l'ISF dans le meilleur des cas à défaut d'une mise en place de l'inepte taxe Zucman. Si bien que personne ne parle plus de la baisse des dépenses publiques et d'une production plus importante de richesses, qui sont pourtant l'alpha et l'omega d'une réduction du déficit budgétaire et, à terme, d'une maîtrise de la dette. Dans cette étrange défaite intellectuelle, la droite a sa part de responsabilité, en refusant d'endosser le maillot de la rigueur à quelques semaines des élections municipales et à quelques mois de l'élection présidentielle. Au risque de laisser le champ libre aux populismes de tout acabit et aux extrêmes de tout bord.