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Pouvoirs / Finances publiques / 22/09/2025

Goldman Sachs met en doute les prévisions françaises sur la dette

Selon les analystes de Goldman Sachs, la France est confrontée à un scénario quasi inextricable. Le principal défi des gouvernements à venir va être de transformer le déficit primaire actuel de 3 % du PIB en excédent. Or, ainsi que le démontrent les études académiques, le solde primaire étant calculé comme la différence entre les recettes fiscales et les dépenses publiques en proportion du PIB, une amélioration de cette variable macroéconomique implique soit une augmentation de la pression fiscale – ce qui a un impact négatif sur la consommation et l'investissement –, soit une réduction de l'intervention publique dans l'économie, ce qui aurait un effet dépressif sur la demande globale et, par conséquent, sur le PIB. Ce qui amène Goldman Sachs à expliquer que la mise en œuvre de politiques budgétaires restrictives aurait un impact négatif sur la croissance et donc également sur le ratio dette/PIB.

En partant du principe que selon les projections de la Commission européenne pour 2025, la France enregistrera une croissance nominale du PIB de 2,2 % et que le rendement de l'obligation française à dix ans fluctue autour de 3,5 %, l'écart entre le coût du financement et le taux de croissance économique est égal à 1,3 %. En multipliant l'écart ainsi obtenu par le ratio dette/PIB français (114 %), Goldman Sachs conclut que, si les perspectives économiques restaient inchangées par rapport au scénario actuel, la dette publique française augmenterait de 1,5 % du PIB par an. Pour compenser cette augmentation, Paris n'a d'autre choix que de générer un excédent primaire de 1,5 % du PIB. Et, comme mentionné précédemment, cet objectif n'est pas facile à atteindre. Avec un multiplicateur budgétaire légèrement inférieur à 1, cela signifie que chaque euro d'excédent généré réduit la croissance économique affectant le ratio dette/PIB. Il en résulte un cercle vicieux qui aurait pour conséquence que la dette publique pourrait croître plus que prévu, compromettant la stabilisation attendue à 122 % du PIB.

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