Un hommage à Robert Badinter hautement politique >
Ce jeudi 9 octobre, vers 19 heures, Robert Badinter fera son entrée au Panthéon, quarante-quatre ans jour pour jour après l'abolition de la peine de mort. Une cérémonie « sobre et solennelle » présidée par Emmanuel Macron, avec Guillaume Gallienne lisant Victor Hugo – qui, de manière « assez prophétique, évoque celui qui finira par obtenir l'abolition de la peine de mort et lui rend hommage par avance », selon l'Élysée – et Julien Clerc reprenant une version « remise au goût du jour » de sa chanson L'assassin assassiné. Le cercueil de l'ancien garde des Sceaux de François Mitterrand rejoindra le caveau « des révolutionnaires de 1789 », aux côtés de Condorcet, de l'abbé Grégoire et de Gaspard Monge. Derrière le protocole, la présidence assume une séquence éminemment politique. « Peine de mort, lutte contre l'antisémitisme, État de droit… Dans l'époque, ça résonne avec plusieurs débats brûlants », décrypte un proche du chef de l'État. En coulisses, Élisabeth Badinter a veillé à chaque détail. Lors de l'hommage national de février 2024 aux Invalides, la philosophe avait exprimé le souhait de ne pas voir d'élus du Rassemblement national ou de La France insoumise associés à la mémoire de son mari. Une ligne qu'elle « n'a pas changée », souffle l'entourage du Président. Ce sera la cinquième panthéonisation d'Emmanuel Macron, après Simone Veil, Maurice Genevoix, Joséphine Baker et le couple Missak et Mélinée Manouchian, avant celle de l'historien Marc Bloch prévue en 2026.