Des bulles mais pas de champagne >
O n prête au fondateur de la dynastie Rothschild cette phrase : « J'ai fait fortune en vendant toujours trop tôt. » L'excitation qui anime les marchés boursiers, la vogue de l'intelligence artificielle et la cupidité qui s'est emparée de nombreux acteurs économiques amène au contraire les investisseurs à se convaincre que les indices boursiers peuvent monter jusqu'au ciel. Depuis le krach des bulbes de tulipe en 1637, c'est pourtant toujours le même scénario qui se répète. La Bourse s'entiche d'une vraie innovation. Ensuite, de nouveaux produits boursiers sont créés pour permettre à tous de profiter de cette « mode ». Puis les prix montent à un niveau déraisonnable. Mais ceux qui alertent sur le danger d'une bulle s'entendent dire : « Cette fois-ci, c'est totalement différent. » Et enfin, un jour, il n'y a plus d'acheteurs car les cours sont trop élevés, les financements trop rares, les perspectives de profit trop aléatoires. Depuis quelques jours, des stars de l'intelligence artificielle comme Nvidia (qui vaut plus que toute la Bourse de Paris) ou Palantir (qui vaut plus de cent vingt fois… ses revenus) sont secouées sur le Nasdaq. Certains investisseurs renommés comme Michael Burry, qui avait anticipé la crise des subprimes, préfèrent se détourner du marché. Et l'on se rend compte que trop d'investissements liés à l'IA sont financés par de la dette à coût élevé et non par des augmentations de capital. Mais beaucoup, à Wall Street, se répètent la réplique du film d'Oliver Stone : « Greed is good » et tirent sur les oiseaux de mauvais augure. Quitte à renoncer au champagne et à voir éclater la bulle.