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Pouvoirs / Éditorial / 05/01/2026

Les bons chemins viennent de Rome

Cela fait des années que la France est accablée par ses déficits jumeaux : budgétaire et commercial. La pression fiscale a entraîné la fermeture de fleurons industriels, soit frappés par une agonie douloureuse, soit par une mort subite liée à l'afflux massif de produits chinois. Mais dans ce domaine-là aussi, il n'y a pas de fatalité. En témoigne l'Italie qui est devenue, l'an passé, la quatrième puissance exportatrice mondiale. Au cours des dix dernières années les exportations italiennes ont bondi de 48 %. Le pays de Marco Polo, qui était allé chercher la soie et les épices en Inde, vend aujourd'hui ses produits partout sur la planète. Avec une recette simple. Un tissu de plusieurs milliers de PME exportatrices, une diversification qui ne la rend pas dépendante des ventes d'Airbus, des clusters régionaux que la France n'a pas réussi à imiter avec les pôles de compétitivité. Et un ministère du « Made in Italy » qui témoigne d'une forte volonté politique dans ce domaine. L'industrie, moteur des exportations, a une part deux fois plus importante qu'en France dans le PIB. De quoi faire rêver Nicolas Dufourcq qui mène seul ce combat dans notre pays. Les Italiens ne sont pas seulement « des Français de bonne humeur », comme l'écrivait Jean Cocteau. Ils ont pris tôt conscience de la nécessité de travailler plus et mieux. « Un travail constant vient à bout de tout », disait le Lombard Virgile. Puisque tous les chemins mènent à Rome, formons le vœu, en ce début d'année, que nos politiques s'inspirent de cette belle réussite commerciale.

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