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Pouvoirs / Éditorial / 16/02/2026

La bonne personne pour le bon poste

Amélie de Montchalin (Photo Xose Bouzas / Hans Lucas via AFP).

Dans une semaine Amélie de Montchalin deviendra la première présidente de la Cour des Comptes à l’âge de 40 ans. Sans être énarque. Sans avoir jamais travaillé dans cette prestigieuse de la Rue Cambon. Sans même avoir fait acte de candidature. Celle qui est encore chargée des comptes publics et qui a fait preuve d’expertise lors du débat budgétaire va rejoindre cette institution créée par Napoléon mais qui existe en fait depuis Philippe Auguste.

Sa nomination a été accompagnée au mieux de lazzis, de moqueries ou de railleries antiféministes et au pire de réquisitions contre "la république des copains" ou "l’état profond", de procès en incompétence et – pire - de multiples conflits d’intérêts. En 2015 des économistes réputés avaient signé des tribunes pompeuses pour faire le même procès d’intention à François Villeroy de Galhau sur le point de devenir gouverneur de la Banque de France.

C’est sûr l’institution que va présider Amélie de Montchalin va devoir porter un jugement sur les budgets pour 2025 et 2026 qu’elle a eu tant de mal à bâtir. Mais la Cour des comptes dispose de suffisamment de talents pour qu’elle puisse se déporter sur ces sujets-là. Peut-on lui faire un procès en incompétence ? Sûrement pas. En indépendance ? Pas davantage. En charisme ? encore moins. En incapacité à faire travailler ensemble des profils d’origine très différente ? Aucune raison.

Nos élites seraient mieux inspirées de se retrousser les manches pour participer au redressement du pays qu’à sombrer dans les dénonciations "ad hominen" et le complotisme de bas étage qui sont les moteurs obscènes du populisme.

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