Hongrie : avec le départ d’Orbán, l’UE doit sortir de l’attentisme (EPC) >
Quelle position adopter avec la Hongrie ? Dans une série de notes, l’EPC trace une feuille de route face à Budapest : rationner le robinet des fonds en échange de réformes structurelles.
- Les solutions proposées. Dimanche, Péter Magyar a été désigné Premier ministre de Hongrie, prenant la suite de Viktor Orbán. Cela ne peut que renforcer le constat fait par l’European Policy Centre (EPC) dans une série de notes publiées juste avant le scrutin, qui plaident pour une "réintégration" de la Hongrie dans l’UE. Concrètement, le think tank appelle à une "conditionnalité progressive", soit un déblocage graduel des 19 milliards d’euros de fonds européens gelés, en parallèle de réformes, en prenant l’exemple du cas polonais.
- Pourquoi c’est important. Les obstacles hérités de quinze ans de régime Fidesz (justice affaiblie, médias captés, administration politisée) ne se démantèleront pas en quelques mois, d’autant que le successeur de Viktor Orbán propose la continuité sur un certain nombre de politiques clés. Malgré le changement de régime, les notes recommandent donc de faire de la Hongrie un cas pilote pour muscler la boîte à outils européenne en matière d’État de droit. L’enjeu dépasse Budapest dans la mesure où, même défait, le système Orbán a fait école chez les acteurs "illibéraux" du continent.